Je ne veux pas gagner ma vie…
Je chéris cette petite carte postale que mon amie Pammy Poppins m’a offerte il y a plus d’une dizaine d’années et je m’assure de la poser à un endroit où je la vois souvent. Depuis bientôt 3 ans je suis maman à la maison. Mon travail est pour la grande majorité invisible et puisque j’évolue dans une société qui valorise le travail visible et où j’ai appris que quand on devient “grand” on se définit par notre métier et bien le mien, surtout les dernières années, n’a pas été le plus valorisé selon les standards sociaux. En effectuant un travail qui doit être si visible, on a fait de la glorification of busy quelque chose à atteindre, par lequel on s’épuise à se définir.
Quand je me fais demander ce que je fais dans la vie je répond, je fais du travail invisible.
Cette phrase de Boris Vian est d’une vérité désarmante. Elle montre tout le superflu, le ridicule qu’on ait grandit en se faisant jouer la cassette de l’idée qu’il faille la gagner cette vie, comme si on partait avec une dette alors qu’on part en ayant gagné à la loterie! On est vivante, débordante de vie et la chose qui nous enlève le plus cette sensation d’être vivante, d’exister pleinement et de vibrer, c’est justement cette notion biaisée, arriérée qu’il faille la gagner cette vie en travaillant.
Imaginez si on nous enseignait tout petit qu’on a rien à faire pour mériter cette merveilleuse vie qu’on a, qu’on puisse s’amuser avec, qu’on conçoive tout petit qu’on part riche comme il ne sera jamais possible de l’être plus, la vie ça s’achète pas right? On naît donc avec cette abondance dans nos veines et on s’est fait croire qu’on est en manque, à la recherche de quelque chose qu’on a perdu alors qu’on l’a toujours eu, juste là en nous …dans notre simple souffle.
Réflexion pour établir une relation de travail avec soi plus fluide.